dimanche 28 juin 2009

Compétitivité de l’entreprise tunisienne : Quel apport de l’information stratégique ?

Link : http://www.webmanagercenter.com/management/article-77092-competitivite-de-l-entreprise-tunisienne-quel-apport-de-l-information-strategique


La capacité à comprendre son environnement et à anticiper les changements constitue, dorénavant, le facteur-clé de la compétitivité et de la croissance des firmes. Dans une économie mondialisée, le management des organisations a replacé les savoirs à la source de la création de valeur. Les entreprises doivent donc impérativement rester compétitives.


« La compétitivité est la capacité de l'entreprise à rivaliser avec les autres en termes de prix (compétitivité prix) et/ou en termes d'innovation, de qualité de produits ou de services à la clientèle, de maîtrise technologique (compétitivité hors prix). «Il est donc plus que nécessaire pour l’entreprise de connaître et comprendre les opportunités et menaces liées à la globalisation et à la société de l’information. Rappelons qu’il s’agit d’un axe prioritaire dans la stratégie de développement de l‘économie tunisienne». D’ailleurs, le chef de l’Etat n'a-t-il pas élevé l’information économique nationale au rang de priorité absolue, ainsi que le prouve les assises nationales organisées sous ses auspices, il y a quelques jours.

C’est ce qui se dégage en gros des propos de M. Hosni MAHJOUB, expert international en stratégie et développement économique, lors de son intervention lors des 7èmes Rencontres méditerranéennes d’affaires TIC et Multimédia, organisées par pôle Elghazala des technologies de la communication, les 11 et 12 juin.

Après avoir montré le rôle de l’intelligence économique et son apport dans le management de l’entreprise, sa compétitivité ainsi que les processus de sa mise en place, M. MAHJOUB a précisé que, au regard des nouveaux défis auxquels nous devons faire face suite à la crise économique, l'objectif désormais poursuivi par l’entreprise est de détenir une triple capacité :

- capacité à sécuriser son patrimoine immatériel constitué d'informations, de savoirs et de connaissances ;

- capacité à «influencer avec intégrité» son environnement par des actions de communication ;

- mais surtout, capacité à gérer et exploiter l'information pour produire de la connaissance à visée stratégique, organisationnelle et opérationnelle, en vue de la rendre accessible et utile non seulement au dirigeant, mais aussi à toutes les «parties prenantes», acteurs internes et externes qui contribuent à la compétitivité de l’entreprise et de l’économie.

Il a ensuite rappelé que dans l’entreprise il existe (ou devrait exister) 3 couches de gestion : la gestion opérationnelle, la gestion tactique, et qu’au sommet de la pyramide on trouve la gestion stratégique. Les caractéristiques des informations relatives à chaque couche sont différentes, par exemple, l’information liée à la gestion opérationnelle est périodique, détaillée, fréquente et plutôt d’ordre interne, alors que l’information liée à la gestion stratégique est prévisionnelle, avec une fréquence irrégulière et plutôt d’ordre externe.

Evoquant, entre autres dans cette communication, l’importance du rôle des stratèges dans une économie en crise, M. Mahjoub a souligné que dans un cadre de compétition internationale et de la concurrence actuelle entre les entreprises, l’avantage compétitif, défendable et durable réside dans la capacité à maîtriser l’information, en temps réel, à tout moment et en tous lieux pour construire et faire évoluer sa base de connaissance stratégique. «Ces informations stratégiques apportent une valeur ajoutée qui permet l’aide à la prise des décisions mais seulement si cette information est obtenue au bon moment et qu’elle est destinée à la bonne personne, disponible pour l’exploiter».

Tout cela pour dire que la stratégie d’une l’entreprise devrait être orientée vers la maîtrise de l’information, l’optimisation de la décision et la promotion du travail collaboratif. Bien entendu, on à mille lieues de cela en Tunisie…

Pour notre expert international, l’Intelligence Economique c’est comme les yeux et les oreilles de l’entreprise. «C’est une démarche qui associe à la stratégie de l’entreprise et à sa culture, le recueil, le suivi, le traitement, la diffusion et la protection de l’information stratégique pour développer ses activités». De ce fait, «les pratiques de l’IE contribuent à la prise de décision stratégique ou opérationnelle dans un monde complexe, mouvant et hyperconcurrentiel, ils permettent de détecter les opportunités ou menaces en termes de production -gestion- mercantile, de motiver le personnel, de conduire le changement, d’organiser le fonctionnement de l'entreprise et de favoriser le travaille en réseau qui permet le développement et l’obtention d’un avantage compétitif durable», précise-t-il.

Intelligence Economique et Système d’Information

S’agissant de l’importance de l’Intelligence Economique dans une démarche de mise en place d’un système d’information. Il explique que concrètement, il s’agit d’organiser l’ensemble de procédures permettant, à tout moment, de donner aux décideurs une représentation de la place de l’entreprise dans son environnement et sur son marché et de produire de l’information pour, d’une part, assister les individus dans les fonctions d’exécutions et de gestion et, d’autre part, faciliter la prise de décision au niveau de la gestion stratégique de l’entreprise.

M. Mahjoub a également noté que le système d’information doit être considéré comme partie intégrante du système de gouvernance compétitive de l’entreprise ; il permet à cet effet de traiter, stocker l’information et de dynamiser l’action opérationnelle. Il fait remarquer dans ce cadre que, aujourd’hui, il est très important qu’un système d’information soit aligné avec l’environnement (interne et externe) et allié à la mise en œuvre opérationnelle par le biais de collaboration qui permet de donner une dimension stratégique de première importance : «la détection et la réponse aux agissements de l’environnement, la lecture des évènements, la production de décisions qui en découlent… sont de nature à permettre aux dirigeants d’optimiser la performance de leur firme en créant des opportunités stratégiques et en identifiant des niches d’innovation».

Une telle démarche ne peut être conduite qu’en cohérence avec la stratégie de l’entreprise qui permette d’identifier quotidiennement les Forces -faiblesses –opportunités et menaces de l’environnement et d’analyser leur impact sur le business de l’entreprise : «Synchroniser les contenus, les rythmes et les parties prenantes impliquées dans la performance des différents SI, avec la trajectoire stratégique de l'entreprise est une manœuvre managériale de base. Les évènements et mouvements externes autant qu'internes impactent cette trajectoire».

En conclusion, il indiquera que l’Intelligence Economique de l’entreprise ne se limite pas à une simple action de veille environnementale, il s’agit de créer un système synergique pour optimiser en continu l’état d’information (interne et externe) de l’entreprise, ce système s’imposant de fait comme un puissant levier au service du management stratégique et de la gouvernance compétitive des organisations, capable d’amener toutes les parties prenantes non seulement à se préparer à des changements attendus (pré-activité) mais surtout à leur permettre d’influencer (avec intégrité) leurs environnements (pro-activité).

lundi 19 janvier 2009

La Tunisie peut tirer profit de la crise financière internationale !



Interview avec M. Hosni Mahjoub, expert international dans le domaine de l’Intelligence Economique et Stratégique.


Propos recueillis parTallel BAHOURY
Lien:
http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=61662



Webmanagercenter: Quel est votre avis avez-vous sur cette crise et de son impact?

Hosni Mahjoub : Je pense que cette crise aura un effet variant selon le degré d’intégration des pays dans le système financier international. Par exemple, du côté de l’Afrique, la plupart des marchés financiers sont illiquide et ayant peu de lien avec ce système, bon nombre de pays ont été largement épargnés par les effets de contagion sévères qu’ont subis les pays développés. Toutefois, la récession économique affectera directement l’économie de ces pays, laquelle économie demeure vulnérable à cause des liens financiers qui la rattachent aux marchés de capitaux mondiaux (la réduction du financement des échanges commerciaux et des investissements diminuera la croissance enregistrée dans certains pays africains pendant ces dernières années).

Du côté de la Tunisie, plusieurs avis partagent l’idée que la crise financière internationale n’aura pas un grand effet sur notre pays. Mais la question à laquelle nous sommes invités n'est-elle pas plutôt: ‘’comment tirer profit de ce changement et même de la crise dont la Tunisie compte parmi les rares pays épargnés, afin d’améliorer notre compétitivité et notre position à l’échelle internationale ?’’.

Vous pensez donc que la crise est une opportunité pour la Tunisie?


Oui, à mon avis ça pourrait être une opportunité pour la Tunisie.

Comment ?


Les analyses que nous observons à partir de la Tunisie ou de l’extérieur montrent la bonne image que notre pays bénéficie auprès des organisations et institutions internationales et régionales, selon lesquelles parlent de laTunisie comme un pays qui a su protéger ses intérêts et prendre les bons choix pour maintenir la croissance de son économie, améliorer sa compétitivité et attirer les investisseurs, tout cela grâce aux bonnes orientations stratégiques du gouvernement, à la qualité de nos ressources humaines, de leurs compétences et de leurs adaptations aux différentes situations.

Aujourd’hui, la situation devient de plus en plus complexe dans un environnement international très perturbé, instable où toute prise de décision contient un taux de risque élevé ; et, pour leur part, les investisseurs perdent de plus en plus la confiance dans les places financières internationales et dans la crédibilité d’un système financier qui a montré d’énormes défaillances.

Dans ce contexte, leur comportement (les investisseurs) se caractérise par des changements brusques de sentiment et des flux rapides de capitaux en direction ou sortant d’un pays. Ces derniers seront donc à la quête d’autres pistes d’investissements, en particulier les financements à court terme et là, à mon avis, il s’agit d’une opportunité pour la Tunisie afin de mieux faire entendre sa voix en tant que pays de référence ayant réussi des grandes performances et disposant des critères nécessaires pour attirer ces flux de capitaux !

Je rappelle aussi dans ce cadre que l'hebdomadaire britannique «Sunday Times» avait classé la Tunisie parmi les six pays qui présentent le moins de risques pour les investissements au cours de l'étape actuelle (réf. article Webmanagercenter).

En tant qu’expert, quel rôle pourrait avoir l’IE face à cette crise, selon vous ?

Ecoutez, à mon avis, la crise n’est qu’un épisode de destruction créatrice et de reconstruction de système. Ainsi, celui qui en profitera, c’est celui qui aura agi intelligemment pour se positionner parfaitement dans ce nouveau système tout en surveillant les différents agissements de son environnement ; et c’est là l’importance de l’intelligence économique avec ses concepts fondamentaux (la veille et l’analyse stratégique, la communication intelligente le travail en réseau,..) lesquels fondamentaux constituent ce levier de performance pour l'entreprise et de la réforme de l’Etat (sécurité économique, intelligence territoriale, gestion de l'innovation,....) dont nous avons besoin

Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste le concept d’’’Intelligence Économique ?

L’intelligence économique permet aux acteurs économiques de mieux maîtriser leurs environnements afin de prendre l’avantage. Il s’agit d’un véritable outil de management et de décision qui permet d’alimenter la réflexion stratégique en amont, puis de piloter les choix tactiques en aval.

Aujourd’hui, dans un monde caractérisé par une concurrence acharnée qui nous impose un surcroît de créativité, de prise d’initiative, d’innovation et de la communication, la maîtrise de tous les aspects de l’IE pourra apporter un véritable avantage pour une entreprise ou un pays.

Quelles recommandations avez-vous dans ce contexte de crise?

Je pense qu’avec les atouts dont dispose la Tunisie, il faudra gagner des nouvelles positions sur le marché international, investir les réseaux d’excellence et attirer les investisseurs à la recherche des compétences humaines de qualité pouvant leur assurer une bonne rentabilité financière sur des marchés émergents en pleine croissance. A nous donc de savoir valoriser l’image de ce petit pays avec des grands hommes, et c'est précisément cet esprit de conquête que porte l'intelligence économique au profil d’une nation !

Mais dans tout cela, il faudra garder en vue l’esprit du partage et de solidarité, nous devons investir ensemble car nous ne pourrons avancer les uns sans les autres : telle est la vision que nous devons renforcer pour bien réussir nos démarches, faire face aux prochaines crises qui peuvent surgir et nous préparer à un meilleur avenir.



lundi 9 juin 2008

ROI de la mise en place d'une solution de veille stratégique


Retour sur investissement de la mise en place d’une solution de veille stratégique

Lors de la première édition du ‘’Jeudi de la veille’’ organisée à Tunis le 29 mai dernier par DIGIMIND, leader européen des logiciels de Veille Stratégique, ayant porté sur «l’évaluation du retour sur investissement des logiciels de veille stratégique», plusieurs aspects de cette question ont été abordés.


Il s’était agi d’analyser la 1ère méthode d’évaluation du ROI de logiciels de veille stratégique, qui a permis de démontrer que, contrairement à d’autres solutions logicielles, notamment les ERP, les plateformes de veille et d’intelligence économique n’avaient pas, jusqu’à présent, fait l’objet d’une réflexion approfondie sur le traitement de leur rentabilité. De ce fait, le management de Digimind a indiqué que le ROI est pourtant un indicateur déterminant pour convaincre en interne, piloter et mesurer le succès d’un projet outillé de veille. Il était en particulier au cœur des préoccupations des clients de DIGIMIND, grands comptes industriels européens.

M. Hosni Mahjoub, expert en intelligence économique, qui participait à cette rencontre, a indiqué qu’il faut retenir quatre points importants qui ont été abordés, à savoir :
- les gains de productivité immédiats sur les tâches quotidiennes,
- l’opportunité d'une surveillance plus fine,
- les gains de la veille ''en réseau'' et travail collaboratif,
- et l’orientation stratégique plus ciblée.

Pour lui, ‘’le secteur des télécoms constitue l’un des secteurs les plus concernés par la veille stratégique. Il permet de fournir des informations à caractère économique, financier, stratégique et politique pour permettre le développement de stratégies pertinentes’’. D’ailleurs, l’expert relève que le cadre de ce séminaire que ce secteur a été largement examiné. En effet, ‘’… la stratégie des opérateurs des télécoms dans le secteur de la téléphonie mobile vise à développer de nouveaux services pour leurs abonnés, à stimuler la consommation, et à atteindre un niveau de plus en plus élevé de fidélité de la part de ses clients’’. Et il précise :’’dans ce type de marché dynamique et concurrentiel, seul la capacité d'innovation permet de limiter les effets de la baisse tarifaire en offrant des services à valeur ajoutée tout en proposant des grilles tarifaires personnalisées selon les besoins des clients.

Ce qui explique que, aujourd'hui, tous les grands opérateurs dans le monde aient mis en place des départements dédiés à ce type d’activité qui leur ont permis d'avoir une réactivité et une anticipation accrue sur le marché national et international. Il faut dire que les exemples ne manquent !

Donc, quelques sont les principaux types de veille qu’on peut avoir :

- la veille sur les concurrents : l’évolution de leur prix, leurs nouveautés, pour une entreprise ou pour un Etat ;
- la veille technologique : qui permet de suivre les dernières technologies existantes sur un marché ou un secteur cible ;
- la veille marché ou veille commerciale : les tendances, le suivi des clients,… remonter l’information terrain pour ajuster la stratégie selon les besoins des clients et les nouvelles tendances ;
- veille réglementaire : suivre toutes les nouvelles réglementations relatives aux secteurs ciblés (les brevets, les lois, etc.) ;
- veille image de la société : faire en sorte que les gens et la presse quotidienne parlent de la société, ce qui est de nature à permettre l’amélioration du système de gestion de la relation client ;
- veille marketing (les dernières tendances dans le marketing): dont l’objectif est de permettre d’améliorer la communication et de trouver des nouvelles idées pour la promotion des produits et leur commercialisation ;
- veille actualité du secteur ciblé : toute information économique, financière… permettant d’alerter le décideur sur des nouvelles opportunités dans le marché local ou international.

mardi 6 mai 2008

Conférence TIC et Multimédia /Pole EL GHAZALA ET UBI FRANCE - Intelligence Economique : un levier de compétitivité pour les Etats et les entreprises

http://www.sphere-ie.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=528&Itemid=240

Intelligence Economique : Un levier de compétitivité pour les Etats et les

Entreprises


Dans le cadre des 6èmes rencontres méditerranéennes d’affaires TIC et Multimédia E-3M Tunisie 2008, organisées par le Pôle Elgazala des technologies de la communication sous l’égide ministère des Technologies de la Communication, M. Hosni MAHJOUB*, expert en Intelligence économique ayant des fortes compétences dans les domaines économiques et du marketing, a présenté une communication portant l’Intelligence économique, un sujet on ne peut plus d’actualité…

Pour commencer, M. Mahjoub esquisse une définition du concept : ‘’Comprise comme un ensemble dynamique d’analyse et d’échange d’informations, de règles d’accompagnement et de mise en œuvre d’actions protectrices et offensives, l’intelligence économique concourt au développement harmonieux de la vie économique’’. Notre expert national poursuit l’explication et souligne que ‘’là où les autorités dédiées trouvent les limites de leurs moyens d’action, elle (l’Intelligence économique) est un catalyseur, une synthèse, une alerte aussi, mais aussi un relais qui s’associent à l’essor des entreprises, dans toutes leurs dimensions, notamment commerciale et financière’’.

De ce fait, M. Hosni MAHJOUB définit le concept d’Intelligence économique comme ‘’un ensemble d’actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution et de protection de l’information obtenue légalement, utile aux acteurs économiques en vue de la mise en œuvre de leurs stratégies individuelles et collectives’’. Ces 3 composantes sont: la veille, le lobbying et la protection du patrimoine informationnel qui sont devenus des démarches importantes, voire obligatoires pour réussir à garder la compétitivité et intégrer des nouveaux marchés.

M. Mahjoub poursuit l’analyse de la question et souligne que, ‘’aujourd’hui, les pays qui réussissent le mieux sont ceux qui sont bien armés en informations. Tous les grands Etats et les puissances s’emparent de l’information pour mener une démarche d’Intelligence économique et utiliser les techniques de l’IE pour se positionner et être le maximum possible présents dans les pays ou il y a des intérêts économiques importants… Ces techniques leur permettent également de se protéger contre la concurrence internationale et, en conséquence, d’en tirer le maximum possible profit de la mondialisation’’.

Mais comment réussir d’une telle démarche ? Pour l’expert tunisien, ce n’est pas sorcier : ‘’… La réussite d’une telle démarche revient tout d’abord à un développement d’une culture collective de l’information ; ensuite, à une solidarité entre l’administration et les entreprises’’. Pour preuve, il cite l’exemple de quelques modèles des pays qui ont réussi leur modèle économique grâce à ces démarches, essentiellement les Etats–Unis d’Amérique, le Japon et la Suède…

Par ailleurs, M. Hosni considère que, ‘’pour leur part, les entreprises évoluent dans un environnement en complexification croissante’’, sans oublier le développement des alliances, fusions/acquisitions et des autres grandes manœuvres entrepreneuriales. A partir de ces donnes, naguères rares pour ne pas dire inexistantes, sont devenues lésion. Ce qui fit dire à M. Hosni Mahjoub que ‘’cette évolution influence le processus d’acquisition d’informations et, conséquemment, le mécanisme décisionnel. Leur (les entreprise) compétitivité dépend donc d’une organisation dépendant de plus en plus étroitement de la capacité d’adaptation et de la vitesse de réaction dans un environnement complexe, c’est-à-dire savoir l’essentiel puis agir vite’’. Adaptabilité qui exige l’anticipation à travers la surveillance systématique et rationalisée de l’environnement global (veille stratégique), puis gestion «offensive» des flux d’informations, souligne-t-il en substance.

A l’adresse des entreprises tunisiennes, il les invite, dans ce contexte de mondialisation, à s’adapter davantage ‘’aux nouvelles règles de fonctionnement du marché international et intégrer dans leur mode de management l’action mais aussi une méthodologie globale de surveillance et de vigilance’’.

M. Hosni conclura son intervention en disant que, ‘’pour cette raison, la mise en place un dispositif de veille stratégique basé sur un processus de recherche, collecte, analyse et diffusion ciblé de l’information s’avère une démarche importante. Ce dispositif doit être mise en place au niveau de nos institutions, nos PME et nos groupes industriels afin d’innerver leur organisation entière et mobiliser leur périmètre d’individus... L’objectif est de voir plus clair l’environnement de leur marchés’’.

-------------------------
* M. Hosni Mahjoub allie des compétences dans le secteur économique et la maîtrise de la recherche d’informations sur Internet et les solutions de veille stratégique. Il est diplômé de l’université de la Sorbonne et a travaillé pour des grands groupes en France.

http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=41913#

jeudi 3 avril 2008

Tunisie : Un séminaire par DIGIMIND sur la pratique de la veille stratégique



Tunis le 09/07/2008

http://www.investir-en-tunisie.net/news/article.php?id=4847








Plusieurs questions tournent autour de la veille stratégique et de l'intelligence économique. Ces termes, même s'ils sont très importants, ils demeurent incompris et parfois mal définis par les entreprises tunisiennes.

C'est dans ce cadre que DIGIMIND a organisé une conférence au cours de mois de Mai, sous le thème de «de la veille stratégique».

Au cours de cette rencontre, une présentation a été communiquée afin de faire comprendre aux personnes présentes la réelle signification du mot « veille stratégique », et de répondre aux multiples questions qui leurs occupent les esprits.

L'une de ces questions est : Pourquoi évaluer la valeur d'un projet de veille ?

Cette opération est nécessaire pour convaincre de la pertinence de l'achat, piloter le projet, mesurer les résultats obtenus et communiquer en interne sur ces résultats.

Le fait est que l'on ne peut évaluer que ce que l'on mesure, et cette évaluation présente quelques difficultés, notamment, à :

• Estimer parfois le R.O.I avant le projet

• Auditer des pratiques de veille peu rationalisées

• Estimer la valeur de l'information

• Choisir le bon niveau d'évaluation

• Ne pas confondre l'évaluation du logiciel avec l'ensemble du projet

L'expérience montre que la mise en place d'une solution de veille dans un grand compte permet d'économiser 25 heures de travail de collecte chaque jour, multiplie par 50 le nombre de sources surveillées et divise par trois le temps moyen d'accès à l'information.

Lors de ce séminaire, nous avons eu une interview avec Mr Hosni MAHJOUB, Un Expert tunisien en intelligence décisionnelle et veille stratégique , qui nous a éclairci quelques points importants :

Audinet Tunisie - Quelle est la situation de la veille stratégique en Tunisie, est ce qu'on l'ignore encore ?

Mr Hosni Mahjoub - C'est depuis deux ans qu'on commence à parler de la veille stratégique en Tunisie.

Mais les gens ne maitrisent pas encore cette bonne pratique. Ils en parlent parce qu'ils entendent beaucoup en parler en Europe, aux Etats Unis… Il y a quelques sociétés qui pratiquent la veille mais sans une méthodologie ni une organisation approuvé. Cela ne mène pas aux résultats attendus si on veut évaluer le retour sur Investissement de la mise en place d'un système de veille.

Audinet Tunisie : Si on commence à apprécier ce mot. Comment pourrait-on le mettre en place est maximiser l'efficience de sa pratique ?

Mr Hosni MAHJOUB : La veille est une culture à développer, une organisation et des outils à mettre en place au niveau de l'entreprise et de l'état.

Les grands pays, comme le Japon ou les Etats Unis, ont commencé à développer cette culture depuis les années 70 en mettant en place des structures dédiées à l'intelligence territoriale qui viennent servir les intérêts des entreprises nationales (avantage compétitif, développement à l'international rapide et bien structuré,…).

Aujourd'hui, plusieurs pays émergents commencent à prendre l'exemple en considération et suivent ce modèle de développement.

Audinet Tunisie - Sur quoi faut-il miser pour développer cette culture au sein des entreprises, pays et individus ?

Mr Hosni MAHJOUB - D'une part il y a eu développement des masters sur les thèmes de veille stratégique et intelligence économique pour préparer les prochains cadres à ces pratiques et cette culture, en parallèle, il y a une volonté des chefs d'entreprises pour se pencher dans ce sens là.

Audinet Tunisie - Comment faire si l'information est quasiment inexistante ou si l'entreprise ne communique pas ses informations ?

Mr Hosni MAHJOUB C'est une question de culture, de sensibilisation et de formation. Aussi l'acquisition d'un outil support (logiciel) permettra de collecter et organiser au maximum les flux d'informations.

Aujourd'hui, notre objectif est de développer une société de connaissance et de savoir, cela passera obligatoirement à mon avis par le développement des actions comme celle de la veille qui permettent à nos entreprises d'être informées à temps réel sur les opportunités qui se présentent dans les marchés internationaux, les nouvelles technologies, les tendances mondiales, ect……

udinet Tunisie - Quels sont les différents aspects de l'intelligence économique ?

Mr Hosni Mahjoub - Quand on parle d'intelligence économique, on doit citer trois aspects :

• La veille

• La sécurité informationnelle

• Le lobbying

Audinet Tunisie : Comment peut-on pratiquer la veille dans les divers secteurs stratégiques en Tunisie ?

Mr Hosni Mahjoub : La veille peut aider les exportateurs d'huile d'olive à identifier des demandes dans des nouveaux marchés internationaux. La remontée d'information de ce type d'une manière automatique donnera sans doute à nos exportateurs le temps de réagir rapidement et de saisir ces opportunités avant leurs concurrents (Italie, Espagne,..). L'Italie a su mettre en place ce système pour exporter la notoriété et la marque italienne dans le monde et créer donc une demande internationale importante pour leurs exportateurs.

Le secteur du Tourisme est l'un des secteurs le plus concerné par la veille, l'amélioration de la compétitivité du secteur passera par la surveillance des actions des pays concurrents, les préférences des clients et les tendances sur le marché mondial.

Des actions stratégiques basées sur l'intelligence économique serviront à améliorer la compétitivité et l'image de la Tunisie pour garder la notoriété comme l'une des meilleures destinations dans le monde.

Aussi, le secteur de Télécommunication dont l'intelligence commerciale, marketing et stratégique sont devenus partis intégrantes et essentielles dans le management des entreprises et des opérateurs de Telecom dans le monde.

Audinet Tunisie : Pensez vous que les entreprises en Tunisie seront ouvertes sur cette culture de veille ?

Mr Hosni Mahjoub : Dans tout ça, Nous devons apprendre de ces modèles de développement et les appliquer pour promouvoir nos produits et services !

Nous devrons comprendre qu'avec la mondialisation, la compétitivité d'un pays ou d'une entreprise se base de plus en plus sur sa capacité d être mieux informé que les autres mais aussi de pouvoir réagir rapidement et anticiper des actions basé sur les méthodes et outils de « Business Intelligence ».

Aujourd'hui, « La guerre économique » entre les nations rend ces actions importantes voire même obligatoires pour améliorer les performances d'une nation !

Audinet Tunisie – Mr Hosni Mahjoub, nous vous remercions.

jeudi 20 mars 2008

La politique Chinoise en Afrique



La Chine est devenue depuis deux ans le premier partenaire commercial du continent devant la France. Ses échanges avec le continent sont passés de 3 milliards de dollars en 1995 à 55 milliards en 2006. La manufacture du monde s'intéresse évidemment aux considérables réserves de matières premières du continent, notamment son pétrole.

La présence chinoise en Afrique n'a pas cessé de grimper, investissant tous les secteurs économiques - construction, distribution et surtout exploitation des matières premières. La médaille a évidemment son revers mais le phénomène est loin d'être négatif vu d'Afrique. La flambée des cours des matières premières en partie provoquée par les énormes besoins de la Chine - la manufacture du monde - est évidemment une bonne chose pour un continent riche en ressources naturelles. Appréciée de certains dirigeants africains, la non ingérence de Pékin dans les affaires intérieures est décriée dans de nombreuses chancelleries occidentales. La Chine est le premier investisseur étranger au Zimbabwe et les compagnies pétrolières chinoises produisent l'essentiel du pétrole extrait au Soudan. Deux régimes aux bans de la communauté internationale. Mais rappellons que les relations entre la Chine et ces deux pays sont anciennes.


Cette offensive économique se double d'une politique très généreuse de prêts. La Chine s'est ainsi engagée sur un programme de prêts de 3 milliards de dollars à taux préférentiels sur trois ans, qui ne sont "assortis d'aucune condition politique". Cette percée chinoise suscite une pluie de critique des bailleurs de fonds traditionnels - essentiellement les anciennes puissances coloniales. Pékin est accusé pèle mêle de ne s'intéresser qu'aux matières premières du continent, de soutenir des régimes infréquentables, d'alimenter une corruption effrénée, de favoriser le ré- endettement du continent, de saper le travail des institutions financières internationales en refusant toute immixtion dans les affaires intérieures africaines.
L'une des conséquences majeurs du retour des chinois en Afrique est l'érosion du monopole de l'occident sur les questions de développement". La Banque Mondiale s'intéresse de nouveau au financement des infrastructures mais également au développement du secteur agricole, deux secteurs laissés en jachères depuis les années 70.

La critique la plus pertinente concerne probablement le manque de transparence de l'aide accordée par la Chine. Rappelons dans ce contexte que le FMI a été obligé de plier bagage en Angola - deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne - après la signature d'un prêt de plus de 2 milliards de dollars entre la Chine et Luanda.

jeudi 1 mars 2007

L’intelligence économique, vecteur de compétitivité

LA PRESSE le mercredi 28 Février 2007

Tribune

L’intelligence économique, vecteur de compétitivité

L’intelligence économique ? Voilà une notion dont on parle beaucoup sans toujours savoir ce qu’elle recouvre. pourtant, c’est une démarche de plus en plus répandue dans le monde, elle n’est en aucun cas un simple phénomène de mode.

Elle se pratique depuis de nombreuses années dans les grands pays tels que le Japon, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis et permet de préserver et renforcer la sécurité et la compétitivité des entreprises et des territoires qui les accueillent. Pour les entreprises, l’intelligence économique (IE) est un outil indispensable pour l’innovation, la capitalisation d’expérience et la différence compétitive. en effet, dans un contexte de compétition économique mondiale, avec le développement croissant des technologies de l’information et de la communication, la globalisation et l’accélération des échanges économiques, il appartient aux entreprises de toutes tailles de comprendre et d’anticiper les mutations qui affectent ce marché mondial en vue de préserver leur compétitivité. Plus que jamais, l’accès à l’information, qu’elle soit de nature technologique, économique ou réglementaire, son traitement, son exploitation mais également sa protection présentent un enjeu stratégique pour l’ensemble des entreprises.Dans ce contexte, l’intelligence économique à été définie par certains spécialistes comme l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de diffusion de l’information, en vue de son exploitation par les acteurs économiques à des fins d’innovation, de protection et de management. L’ensemble de ces processus sont résumés dans l’expression «maîtrise de l’information».D’autres l’ont définie comme une pratique qui consiste à fournir la bonne information, au bon moment, à la bonne personne pour lui permettre de prendre la bonne décision, de bien agir et, idéalement, de faire évoluer son environnement dans un sens propice. Les facteurs de réussite industrielle et économique des entreprises et des Etats ne sont donc plus seulement la production, la commercialisation, la recherche ou l’administration. Il faut leur ajouter l’intelligence, la vitesse de réaction en temps réel aux modifications de l’environnement et l’adaptabilité aux enjeux de l’avenir, notamment, des nouvelles technologies. L’information est ainsi devenue une matière première essentielle et un facteur de production nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise, voire une nécessité de survie. L’intelligence économique vient donc jouer un rôle offensif, dans le sens où il exerce une surveillance permanente de l’environnement (clients, fournisseurs, sous-traitants, concurrents, partenaires...), afin de mener des actions sur celui-ci pour détecter les menaces et exploiter les opportunités : d’où l’activité du renseignement et de la veille stratégique et un rôle défensif dans lequel il permet à l’entreprise de se protéger contre les risques et menaces liés à la sécurité, à la sûreté, à l’environnement et au management. Au-delà des aspects offensifs et défensifs, j’ajouterai le volet des ressources humaines qui occupe une place stratégique dans le déploiement d’une démarche d’IE. En effet, la prise en compte de cette dimension permet au chef d’entreprise d’impliquer et de mobiliser son personnel dans une dynamique collective de progrès. C’est réellement la mise en place d’un processus continu de maîtrise de l’information stratégique impliquant un mode de management participatif.

Tunisie : soutien à la culture du savoir

L’économie mondiale baignant dans un univers variable, les besoins des clients changent, les produits se renouvellent, les concurrents et les marchés sont nombreux et éloignés, l’information est devenue donc une matière utile dont il faut maîtriser l’utilisation pour avoir un avantage concurrentiel durable. C’est dans ce contexte-là que nos entreprises doivent s’adapter à de nouvelle normes, à de nouvelles règles de jeu, à de nouvelles menaces, et la surveillance, dictée par l’intelligence économique, de différents secteurs intervient : les marchés, les fusions, les ruptures, les implantations, etc. Pour y parvenir, l’IE doit être d’abord conçu au sein de nos entreprises et institutions comme un principe de management qui permet la maîtrise de l’information et la prise de décisions stratégiques, d’où la nécessité de passer d’une culture de réaction (le suivi des opportunités du marché) à celle de l’action et de l’anticipation (le positionnement stratégique).La Tunisie, qui a accueilli en 2005 le Sommet mondial sur la société de l’information, a mis l’innovation au cœur de sa stratégie nationale et les différentes mesures prises par le président Zine El Abidine Ben Ali pour encourager nos entreprises à s’investir en nouvelle technologie de l’information et de la communication montrent l’importance accordée par notre pays au rôle que jouent celles-ci dans le maintien, de la compétitivité et de la pérennité de notre économie, et dans la diffusion de la connaissance et du savoir au sein de la société. Dans ce cadre, plusieurs initiatives ont été mises en place telles que l’Observatoire national des sciences et de la Technologie qui a pour mission de faire la veille scientifique et technologique, et l’inauguration récente d’un centre de documentation et de veille technologique qui vient répondre aux besoins des PME/PMI en matière de veille : deux institutions qui présentent un exemple d’intelligence économique en Tunisie. Aussi, des outils informatiques de veille, de collecte, d’analyse, d’organisation et de diffusion de l’information viennent répondre aujourd’hui aux besoins des entreprises de toutes tailles dans l’identification et l’organisation des flux d’informations pertinentes et la gestion des connaissances. Mais afin de faire profiter nos entreprises d’une meilleure utilisation de la technologie, la diffusion d’une culture d’intelligence économique (maîtrise de l’information) s’impose comme un mode d’action et un paradigme à appréhender pour donner un sens à l’évolution de notre économie.
Hosni MAHJOUB